« Sinik m’a tuer »

5 avril 2013

Sinik

 

Cris, mouvements de foule et dédicaces : le concert de Sinik à l’Espace Fraternité était bouillant. Vendredi 5 avril, le poids lourd de la scène rap française a donc mis tout le monde d’accord pour la Grande Finale… En prime, ce sont les rockers du groupe For the Hackers qui ont remporté la troisième édition du Tremplin Révélations de la Musik. Entretien avec Sinik aka Malsain l’Assassin.

 

OMJA : Comment s’est passée ta soirée ?

Sinik : C’était cool. Les jeunes me donnent de la force. Cela fait pas mal d’années que l’on se dédie à la jeunesse. On prend de la force dans cet échange. Pour moi, c’était un concert réussi parce que lu public s’est éclaté.

 

OMJA : Comme tu viens de l’évoquer, ton public était un public plutôt jeune. Est-ce que cela change ton approche des concerts ?

Sinik : Les jeunes, c’est la base. J’ai grandi aux Ulis mais il y a beaucoup de points communs entre les quartiers. Pour nous, ce genre de concerts, c’est le pain quotidien. On ne joue pas forcément dans les grandes salles. Les jeunes n’ont pas toujours les moyens de sortir, d’aller dans des salles huppées sur Paname.C’est donc à toi d’aller vers eux.

Après, même si le public est très jeune, on s’adapte. Il faut incorporer des sons qu’ils connaissent bien pour les stimuler et switcher entre les morceaux. De toute façon, quand tu titilles un peu les gens, ça marche toujours ! (rires)

 

OMJA : C’est un retour aux sources ?

Sinik : Non, car on y est toujours resté. On garde volontairement le contact avec le public et la jeunesse. La base du rap, ce n’est pas juste Bercy, le Zénith et l’Olympia ! On est dans une logique de continuité.

 

OMJA : Comment es-tu entré en contact avec l’OMJA ?

Sinik : C’est mon équipe de management qui s’est chargé de ça. Mais ça faisait 2 ou 3 mois que j’étais au courant de ce concert à Auber. Juste avant, on était à Saint-Ouen pour un concert associatif. On essaye de garder un pied là-dedans.

 

OMJA : Comment expliques-tu ton succès ?

 Sinik : Sur scène, on ne triche pas, on ne calcule pas. On se défonce, que ce soit au Stade de France ou dans des salles de 100 personnes. On ne se préserve pas.Après, il y a des bons et des mauvais côtés dans la célébrité, mais je fais de la musique parce que j’ai des choses à dire. Aujourd’hui, beaucoup chantent juste pour être connus. C’est une génération différente et on évolue dans deux mondes différents, même si le rap a naturellement évolué. Heureusement, il y a toujours des mecs qui me parlent comme Kery James ou Youssoupha.

 

OMJA : Tu reviens souvent sur ta double culture dans tes sons, que ce soit en termes de lyrics ou de beats. Pourquoi est-ce si important pour toi ?

Sinik : Ma double culture n’est pas écrite sur ma tête justement. Mon père est kabyle et ma mère française, mais j’ai tout pris de ma mère. Quand j’étais plus jeune,j’ai eu la chance d’avoir le choix. Je me suis beaucoup renseigné et je me suis tourné vers l’Islam. Pour moi, c’est une richesse.

 

OMJA : Quelle sont tes projets en ce moment ?

Sinik : Je travaille sur mon sixième album qui sortira début 2014. Il s’intitule« Immortel ». Pour l’instant, j’ai 5-6 morceaux en boîte, mais il faut que tout cela passe au « contrôle technique ».

 

OMJA : Question accrocheuse :tu as eu toi aussi quelques « problèmes » avec Booba par le passé. Quel est ton regard sur le clash qui l’oppose à La Fouine aujourd’hui ?

Sinik : Il y a 5 ou 6 ans, c’était le même délire. Je connais un peu Booba, et je sais qu’il est provocateur. Après, ce ne sont pas mes oignons, alors je ne m’en mêle pas. Les clashes, c’est toujours relou à gérer sur le long terme parce que tu t’enfermes dans un cercle vicieux.

En ce qui concerne Booba et La Fouine, il y a un aspect buzz évident, on ne peut pas occulter ça. Mais pour moi, diviser les gens, c’est plus négatif pour le biz’ qu’autre chose…

 

OMJA : Pour finir, as-tu un message à faire passer à la jeunesse ?

Sinik : Quand je les vois, je me vois au même âge. On est parti du même endroit mais on a réussi. Il faut y croire. Personne n’est condamné à l’échec : il faut se battre et se taper pour arriver à ce que l’on souhaite !

 

Propos recueillis par K.B

 

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